mercredi 9 octobre 2013

La malédiction du laissez-passer A38

J'ai décidé de passer les concours de l'enseignement. Comme je suis prudente, j'ai souhaité m'inscrire dans une prépa et je me suis tournée vers mon ancienne fac. 



En deux visites, je me suis rappelée pourquoi j'avais décidé de fuir. Loin. 

Lors de ma première visite, tout s'était plutôt bien passé. J'étais repartie avec le dossier d'inscription et j'ai ensuite obtenu, par Internet, un rendez-vous afin de procéder à l'inscription administrative.

Le jour J, je retourne d'un pas léger vers l'escalier P, 2ème étage. Dès la porte franchie, je déchante devant la cinquantaine d'étudiants en train d'attendre devant la porte. Je demande à une demoiselle : "Avez-vous un RDV ?" Non. Bon, je me présente à la porte du bureau et demande comment cela se passe pour ceux qui ont un RDV. Il me demande mon nom, farfouille dans ses papiers et m'annonce "Je n'ai rien à ce nom".... 


 
Ok ... tout va bien. Là dessus, il m'interroge sur l'objet de ma visite.
- "Le module ? Ah mais il n'existe plus ! Il a fusionné avec le Master".
- "Euh ... la semaine passée, il était encore bien réel".
- "Oui, ça s'est fait vendredi".




 
Il a du se passer quelque chose dans le genre...
Bref, on m'envoie à l'étage supérieur, pour faire une demande pour intégrer le Master. Une demoiselle, très gentille au demeurant, commence à m'expliquer la marche à suivre quand soudain, une voix se fait entendre. 
La porte s'entre-ouvre et j'entends alors une espèce de troll des cavernes dire qu'elle en a marre de ces gens qui veulent reprendre des études, et qu'est-ce que je fous là, d'abord, avec une thèse. Et puis, c'est plein de toute façon. Anglais en plus ? Et quoi ? Elle est salariée ? Mais elle compte nous faire perdre du temps ou quoi ?

Donc je me suis levée d'un bond, prête à la mordre, pile pour l'entendre asséner le coup de grâce. "Si vous êtes là, c'est parce que votre thèse ne sert à rien, sinon, vous ne seriez pas en train de rétrograder".
 
 
 
J'étais tellement furieuse que j'ai cru que j'allais en faire un malaise. L'autre jeune fille me reprend en main et m'emmène dans son bureau. Elle me tend le formulaire à remplir et me demande si j'ai avec moi la photocopie de mon D.E.A. Evidemment, je ne l'ai pas, vu que lorsque je l'ai ramené - pas plus tard que la semaine d'avant - on m'avait demandé de ramener le dernier diplôme obtenu, donc la thèse. Et là, le coup de grâce. 
 
- "Vous avez été étudiante chez nous. Pouvez-vous me ramener votre carte d'étudiante de l'année concernée ?"
- "2003-2004?"
- "Oui, pourquoi, vous ne l'avez plus?"
 
 
 
Si si, elle est rangée avec mon certificat de natation de cinquième et mon premier ticket RATP ... 

Ce matin, je retourne donc déposer les documents demandés. Sauf la carte, faut pas déconner. Je me présente en haut de l'escalier. Devant moi, un jeune homme fait littéralement barrage.

- "C'est pour une inscription?"
- "Non, c'est pour déposer des documents".
- "C'est pour une inscription?" 
- "NON, c'est pour déposer des documents".
- "C'est pour une inscription?" 
 
Oh mon dieu. Un Bot !! 
 
Il finit par comprendre et me demande "quels documents ?" 
- "Cela ne vous regarde pas".
- "Quels documents ?"
 
...... 

Je finis par révéler le contenu de mon enveloppe. Il s'éloigne alors pour demander :

"C'est ici que l'on dépose les photocopies de diplômes de DEA ?"

Je vous laisse méditer sur la pertinence de la question. Evidemment, on lui a répondu par la négative. Tout content de lui, il me dit alors "Vous devez vous tromper de bureau". Je lui affirme que non, vu que j'étais là pas plus tard qu'hier. Devinez sa réponse : 
 
"Vous devez vous tromper de bureau". Re :
 

Heureusement, la jeune fille de la veille sort de son bureau à ce moment là et me voit. Devant mon air excédé et l'air complètement bovin de mon interlocuteur, elle décide de prendre les choses en main avec un "Ah ! Je vous attendais." qui m'a donné envie de lui sauter au cou.

Maintenant, les papiers sont déposés. Je ne m'attends pas à une réponse positive car, suite à la fusion mystérieuse du module concours, de nombreux étudiants se retrouvent sur le carreau et je ne vois pas pourquoi je passerai, et pas eux. M'enfin, on verra bien. Et si la réponse est positive, je sais à quoi m'attendre. Après tout, rien n'a changé.

6 commentaires:

  1. Nan mais...
    Whaaa...
    Mais quelle bande de...
    J'en perds mes mots... C'est affligeant !

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    1. Oui, ça laisse effectivement sans voix... Suite au prochain épisode, ou pas ;)

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  2. Tu as pensé au meurtre? Parce que la prison peut être une solution... ni rétrogradée, ni salariée, et plus de photocopies. Jamais.
    Mais peut-être faut-il l'original de ta première contravention pour mauvais stationnement millésimée de l'année de l'obtention de ton permis de conduire pour entrer. Ou la preuve que tu chapardais déjà des bonbons chez l'épicier à l'âge de 8 ans, qui sait?

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    1. Mon grand père remplissait le coffre de la voiture de bonbons. Comme ça, lorsqu'il venait me chercher à l'école, il faisait une distribution gratuite. Ça compte ?

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