vendredi 19 juillet 2013

Manga : Hideout de Masasumi Kakizaki

Comme vous avez pu le lire, j'ai vraiment adoré Green Blood et c'est ce que j'ai annoncé en arrivant sur le stand Ki-Oon à la Japan Expo. Oui, je suis arrivée avec un lamentable "j'adore ce que vous faites" mais comme la discussion qui en a résulté était passionnante, ça valait le coup.


Notre interlocuteur a donc compris mon coup de cœur pour Green Blood mais aussi mon goût pour les histoires sombres et torturées (un peu comme Goth, de Kenji Oiwa. Il faudrait que je vous en parle).  Il a donc sorti l'arme imparable : Hideout. Du même auteur que Green Blood, Hideout est sorti en 2011. Voici le résumé :

Sous une pluie battante, un homme déterminé traque une victime terrifiée. La décision de Seiichi Kirishima est prise : ce soir, il va tuer sa femme.
Pourtant, un an plus tôt, c’était un homme heureux. Écrivain à succès, mari comblé et papa d’un jeune garçon… à l’époque, tout semble lui réussir. Mais ce bonheur sans faille n’est pas éternel. Le jour où son éditeur met fin à leur collaboration, les ténèbres s’immiscent dans la vie du jeune écrivain, vite criblé de dettes. Une terrifiante descente aux enfers commence, au fil des pages de ce qui pourrait bien être son dernier roman… 
 
Image de BD Zoom
Et c'est bien d'une descente aux enfers dont il s'agit. C'est aussi une réflexion sur la nature des monstres.
Le scénario est solide, bien ficelé et je n'ai pas reposé le livre quand je n'avais pas eu le fin mot de l'histoire. Tout est bien pensé, anticipé. Quant aux personnages, ils ont une personnalité affirmée que l'on découvre grâce aux flashbacks. Quelques images suffisent parfois à savoir qui ils sont réellement.

Le personnage principal, Seiichi Kirishima, n'a pas su attirer ma sympathie - pas plus que sa femme d'ailleurs - mais sa façon de fonctionner, de penser est si délétère qu'on le regarde s'abimer avec une certaine fascination.
 
Hideout est aussi un hommage affirmé aux films et aux romans d'horreur qui ont fasciné Masasumi Kakizaki lorsqu'il était petit. D'ailleurs, le découpage des vignettes et le cadrage sont fortement inspirés par le cinéma. On joue aussi beaucoup sur les nuances de couleur. Les flashbacks sont lumineux tandis que les noirs dominent les passages dans la grotte. Ainsi, le lecteur sait toujours où il se trouve et ne se perd pas dans la non-linéarité de l'intrigue.

Source : l'express
Les dessins eux-mêmes sont toujours aussi splendides. C'est ciselé, c'est beau, efficace. On voit rarement une telle précision et un tel réalisme, notamment dans les expressions des personnages. Masasumi Kakizaki a réellement un trait de crayon remarquable.  
 
Certains critiques ont fait part de l'ambiance oppressante et d'une lecture angoissante. Rien de tout cela de mon côté. Je pense qu'il en faut plus pour me faire sursauter. En effet, mon rapport au texte et à l'image est bien plus détaché que lorsque je regarde un film. Une question de projection personnelle, sans doute. Mais si vous êtes du genre à vous immerger totalement dans un récit, Hideout risque de vous causer quelques sueurs froides.



Enfin, Ki-oon a fait les choses bien. La couverture du manga est épaisse et cireuse et colle parfaitement à ce récit qui se veut autobiographique. En plus, la qualité d'impression est parfaite. Pour moi, Hideout est un petit bijou, un ouvre maitrisée de bout en bout. En plus, c'est un one shot. Il ira donc rejoindre fièrement Goth dans mon panthéon des mangas sombres, hors normes et décalés.


2 commentaires:

  1. J'avais vu la couverture en pub dans les mini fascicules de "démo" de Ki-oon, mais je n'avais pas cherché plus loin. Vu qu'il est en un seul tome, je m'y intéresserai peut-être ;)
    De quoi parle Goth ? =)

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    1. Si tu as l'occasion de le lire, c'est vraiment intéressant.

      Goth parle de deux adolescents fascinés par les tueurs en série. Après un tel teasing,je vais bien devoir rédiger un article dessus ;)

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