Le mois de mai est là et si tout se déroule sans encombre, notre fille sera là d'ici une vingtaine de jours. J'ai mis du temps avant de pouvoir mettre des mots sur ce moment et il m'est encore parfois difficile de lâcher prise, mais j'ose espérer que le plus difficile est dernière nous.
J'ai su quasi tout de suite que j'étais enceinte, à quinze jours de grossesse, en fait. Nous avons pris la nouvelle très calmement, c'est notre nature (et cela explique sans doute en partie que nous soyons toujours mal à l'aise vis-à-vis des démonstrations très exubérantes de joie par rapport à cet enfant à naître). Une semaine de calme avant que mon corps ne se décide à me lâcher.
Cela peut-être sans doute difficile à concevoir dans une société où l'instinct maternel et le désir d'enfant sont présentés comme des emblèmes quasi magiques et la mère comme une espèce de vache sacrée mais mon corps avait décidé de rejeter ce qu'il considérait comme un corps étranger. Il s'est senti mis en danger, attaqué et il a mis certains organes en veille: mon pancréas, ma thyroide ont cessé de fonctionner normalement voire de fonctionner tout court. Ma pression artérielle atteignait des sommets.
Premières analyses, à trois semaines de grossesse et on me diagnostique à la fois un diabète gestationnel et une thyroïde effondrée. Je vous passe les préjugés sur mon alimentation (oui, je suis dodue, non, je ne mange pas mal) avant que ne se mette en place une surveillance de mes apports en glucose. Quant à la thyroïde, cela a entraîné des nausées cataclysmiques. Je ne pouvais pas mettre un pied hors de la maison tant j'étais malade et cela a duré pendant près de cinq mois. Quand à la pression artérielle, elle a fini de me couper de mes élèves.
Il m'a été difficile de partager la joie d'autrui et de me projeter quand je savais que chaque jour, mon corps pouvait réussir à vaincre ce qu'il considérait toujours comme un intrus et que chaque jour était gagné et non acquis.
Puis j'ai réussi à dompter ce corps, à équilibrer mon diabète et à faire baisser ma tension. Je ne vous dirai pas qu'il est aisé d'être autant sous contrôle et ce, en permanence, tant au niveau de ce que l'on mange que de ce que l'on fait, mais j'ai tenu bon. Je me suis battue pour que ça marche.
La semaine passée, tout a commencé à se dérégler. Lundi, je suis allée aux urgences où l'on m'a dit de prendre des médicaments en plus et de leur laisser le temps d'agir. Vendredi, j'étais hospitalisée et je ne suis sortie qu'hier matin. Sans médicament, pour le coup, ce sont eux qui ont fini par créer le dérèglement, et l'on me laisse gérer seule ma tension et donc mes émotions. A moi la main, donc.
La semaine passée, tout a commencé à se dérégler. Lundi, je suis allée aux urgences où l'on m'a dit de prendre des médicaments en plus et de leur laisser le temps d'agir. Vendredi, j'étais hospitalisée et je ne suis sortie qu'hier matin. Sans médicament, pour le coup, ce sont eux qui ont fini par créer le dérèglement, et l'on me laisse gérer seule ma tension et donc mes émotions. A moi la main, donc.
Mais alors même que l'on se rapproche du terme, je ne demande pas non plus à ce que cela se termine prématurément. Je n'apprécie pas de ne pas être bien, c'est sûr et cela m'ennuie de ne pas être aussi en forme qu'il y a peu, limitée dans mes activités, mais c'est aussi là une expérience que je souhaite vivre jusqu'au bout car elle est unique.
Ces mois à l'attendre elle, à la faire grandir, disparaissent à mesure que je les vis et ne sauront être vécus à nouveau. Chaque instant lui est étroitement lié, ces mois sont notre expérience et notre lien avec elle. J'ai déjà fait preuve de patience, alors quoi qu'il arrive, je laisse se dérouler le fil de notre histoire. J'espère qu'elle sera belle.
<3
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