Alors que je combats un rhume féroce, nous avons quand même affronté l'hiver pour aller voir le dernier Quentin Tarentino, the Hateful Eight.
| Source : http://screenrant.com/ |
Que dire? J'avais choisi, comme d'habitude, d'en savoir le moins possible sur le film donc je n'avais vu que la bande annonce. Et j'étais partie sur l'idée que ce serait un western spaghetti avec tout ce que cela amène comme visuels et construction. C'est le cas... mais pas seulement.
Comme dans un western spaghetti, the Hateful Eight met en avant des personnages complexes et subtils même si de prime abord certains semblent stéréotypés et manichéens. Idem pour la figure du héros. On découvre ici des anti-héros et non des paladins blancs affrontant les méchants Indiens. Les figures féminines sont aussi traitées comme dans un western spaghetti et sont donc loin d'être en détresse. Il y a aussi l'humour, assez trash et noir. Enfin, la violence est bien présente - on parle ici d'un hommage de Tarentino à un genre qui ne lésinait déjà pas sur l'hémoglobine donc je vous laisse imaginer.
Visuellement, the Hateful Eight tient plus du huis-clos mais l'hommage n'est pas exempt de plans spectaculaires sur les étendues sauvages et met en avant l'aspect esthétique des westerns spaghettis avec des cadrages très marqués.
Ce qui, pour ma part, est sans doute le moins réussi dans cet hommage, c'est la musique. Certes, c'est du Ennio Morricone, mais j'ai trouvé qu'elle manquait d'un certain souffle épique.
Après, au-delà du western spaghetti, the Hateful Eight tient aussi beaucoup du mystère en chambre close et j'ai trouvé ça à la fois très bien trouvé et exaltant. J'ai toujours aimé les whodunnit. Cela donne tout de suite une autre dimension au film et amène un regain d'action bienvenu. Car soyons francs, même si j'ai adoré la précision de la construction filmique, narrativement, je me suis plus d'une fois demandée où on allait.
C'est sans doute ce que je reprocherais au film: son fil conducteur brouillon (le gars assis derrière moi répétait en boucle "C'est quoi ce film? C'est quoi ce film?") et il faut donc accepter de se laisser porter pour apprécier pleinement la promenade et le jeu des acteurs (qui est excellent). Pour le coup, cela m'a mise dans une position de spectatrice plus qu'autre chose et je me suis pas sentie suffisamment investie dans le destin des personnages pour être vraiment secouée parce qui leur arrive alors que j'aime pouvoir vivre avec eux ce type d'émotions.
Avec le recul, j'ai fini par considérer the Hateful Eight comme un exercice de style, l'hommage d'un passionné qui est lui-même virtuose. Je ne regrette pas de l'avoir vu, au contraire, mais je regrette simplement de ne pas m'être prise une claque comme avec Pulp Fiction, Boulevard de la Mort ou Django Unchained.

Beurk beurk beurk. J'ai une sainte horreur des films de Tarantino (à Part peut-être Inglorious Basterds)... son univers ne m'attire pas du tout!...
RépondreSupprimerOui, autant garder le prix de la place pour autre chose dans ces cas-là :)
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