lundi 9 mars 2015

Ciné : Birdman

Lorsque j'étais au lycée, j'étais totalement passionnée de cinéma. J'achetais tous les magasines ciné en kiosque et je les conservais religieusement. J'aimais le média et les émotions qu'il véhicule. Quand je suis arrivée à la fac, j'ai emménagé dans une petite rue et, juste en bas, il y avait un cinéma d'art et d'essais. J'y allais toutes les semaines, voire plusieurs fois par semaine. Et puis, lorsque j'ai emménagé sur Paris, le cinéma s'est envolé pour diverses raisons. Cet art que j'aimais et disséquais avec ferveur est devenu un divertissement. Depuis quelques semaines, je prends des cours d'analyse filmique, les habitudes reviennent et Birdman est arrivé.
 
Voici le pitch :  À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego… S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir...(Source Allociné)
 

Cela faisait longtemps que la mise en scène d'un film ne m'avait pas autant titillé les neurones. J'étais à la fois spectatrice plongée dans le film mais également observatrice des jeux de caméra et de leurs effets sur mon propre ressenti. J'ai vraiment aimé et j'ai trouvé la construction du film passionnante, avec une très forte envie de le revoir. 

Mais du coup, je m'interroge. Est-ce que mon ressenti a été modifié par cette jouissance visuelle? Est-ce mon ego qui me travaille et me pousse à savourer un plaisir ouvertement intellectuel où je satisferais de mes connaissances filmiques et de ma capacité à apprécier la virtuosité technique. Ce serait snob, mais pas improbable.
 
Enfin, une chose est sûre, ce film m'a rappelé que le cinéma n'est pas qu'un divertissement. Il y a une profondeur de la forme qui sert un fond totalement méta. J'ai véritablement apprécié de voir Michael Keaton en ancien héro de film de super-héros et Edward Norton en acteur difficile à gérer. Ces deux là ont du recul sur eux-même, c'est indéniable et hautement réjouissant. Toute la réflexion sur le métier d'acteur, la mise en scène et la vie mise en scène est également intéressante.

Source : http://www.indyweek.com
D'ailleurs, tous les acteurs sont tout bonnement excellents. Michael Keaton et Edward Norton en tête. Quant à Zach Galifianakis, il m'a bluffée. Pour ce qui est du buzz post-Oscar, je vous dirai ce que j'en pense quand j'aurais vu The Theory of Everything.

Il reste pourtant une zone de doute : la fin. Je ne vous spoilerai rien, mais cette fin m'a littéralement laissée sur ma faim. Deux jours après, nous étions toujours en train de débattre pendant le déjeuner (ne vous méprenez pas, j'adore lorsque l'on débat pendant le déjeuner et cela faisait longtemps qu'un film ne nous avait pas déstabilisé au point d'en parler ainsi), et nous n'avons toujours pas de réponse. Restent les hypothèses. 
En cherchant sur le net, j'ai découvert qu'une autre fin avait été envisagée et que d'aucun la trouvait prétentieuse. Je la trouve grandiose et parfaitement jusqu’au-boutiste. J'aurais aimé cette fin. J'aurais aimé que le film aille dans cette direction et assume cette fin dérangeante et cynique. Mais le film et son réalisateur sont à la fois juge et parti. Comment peut-on vouloir gagner un oscar tout en mettant le nez de ses petits camarades dans leurs petits travers?

Bref, Birdman étonne et offre au cinéphile une leçon de cinéma qu'il n'est pas prêt d'oublier. Un film à voir les yeux grands ouverts.

1 commentaire:

  1. J'ai adoré aussi. l'un des meilleurs films et parmi les plus originaux que j'ai vu ces derniers temps. Mais comme toi la fin m'a laissé perplexe.

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