jeudi 4 septembre 2014

Of little bits of infinities

Existe-t-il une échelle du chagrin, une graduation qui nous permet de savoir ce que l'on peut ou ne peut pas supporter? Aurais-je louper une discussion avec moi-même sur mes propres capacités?

Quand le dernier film de Zach Braff est sorti, j'ai choisi de ne pas aller le voir car j'ai eu peur de ne pas être "prête" pour cette histoire, pas prête à voir un père partir sur grand écran. Je dois avouer que par la suite, je m'en suis un peu voulu. Une autre discussion avec moi-même sur le fait que ce n'est qu'un film et que je devrai, depuis le temps, avoir appris à ne plus ressentir violemment cette perte (je reste persuadée que je le vis bien, mon autre moi débat toujours) ou réagir de façon si émotive quand je vois ce type de film.
 
Du coup, j'ai décidé de regarder Nos Étoiles Contraires. Même sujet mais avec des enfants, pas des parents. J'ai tenu 41 minutes sans verser la moindre larme. Sur un film de deux heures.  Ensuite, j'ai attaqué les caramels.

Ce que je retiens, c'est que ce chagrin est imprévisible. Même s'il est confiné quelque part, il peut ressurgir à tout moment sans que j'ai de prise sur quoi que ce soit, même si j'essaie. Peut importe le temps qui s'est écoulé depuis. J'essaie toujours de savoir où je vais et cet électron libre crée un inconfort.
 
Ce qui le rend d'autant plus irritant, c'est qu'il n'est pas tant une représentation de la perte elle-même mais de la peur de partir quand tu n'es pas prêt. Le fait que j'ai accepté ma propre mortalité alors que mon père n'a pas pu a toujours été pour moi une source de questionnement et d'inconfort. Le fait qu'il soit parti en ayant si peur est quelque chose que j'ai beaucoup de mal à accepter. Qui peut apaiser cette peur là?

Pour autant, je crois que je vais devoir faire avec. Je n'ai pas été là pour le rassurer et même si j'avais pu, cela n'aurait rien changé. Il me faudra sans doute un gros stock de caramels pour digérer tout cela, et un peu moins de films comme .Nos Étoiles Contraires. Parce que ces petits sourires que les gens échangent quand ils savent et reconnaissent que c'est la fin, et le coup de fil, après... je ne suis pas sûre de jamais m'y habituer.


1 commentaire:

  1. Je pense pas puisse "bien" ou "mal" vivre ce genre de choses. Chacun le vie de façon différente et c'est sans doute ce qui rend la "chose" si difficile a comprendre et parfois a accepter je pense.
    Et puis, tu dis depuis le temps, mais ca ne fait pas si longtemps que ca aussi. Je ne pense pas non plus que le temps soit la reponse.

    Ensuite, je ne sais pas du tout comment tu as fait pour regarder ce film... J'ai tres envie de le regarder, je trouve que l'histoire a l'air interessante et bien menee, mais je sais que je vais pleurer tout du long et deprimer pendant une semaine apres alors c'est meme pas la peine...
    Limite je t'admire d'avoir tenu 41 min et de n'avoir englouti que des caramel.
    Je suis pas sure que j'aurai aussi bien fait =p


    Je t'aurai bien envoyé un stock de caramel du japon, mais je ne me souviens meme pas en avoir vu dans le coin O.o

    PS : excuse la mauvaise qualite de ce commentaire, je sors tout juste de mon second tomari, c'est chaud u.u

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