jeudi 17 janvier 2013

The Hollow Crown : Richard II

Je ne suis pas angliciste pour rien. J'aime l'anglais, j'aime sa structure, sa précision, ses mots et ses rythmes et j'aime ses sonorités qui pour moi s'expriment pleinement à travers la littérature ou le théâtre. 
 
et j'ai le même sourire béat à chaque fois que je regarde ce film
et j'ai le même sourire béat à chaque fois que je regarde ce film...
 
Lorsque j'ai découvert Much Ado About Nothing, je suis tombée amoureuse à la fois de Kenneth Brannagh et de Shakespeare dont j'avais jusqu'alors une image assez limitée. Mince, Shakespeare est drôle ? J'aurai du m'en douter, on ne peut pas toujours parler à un crâne...

Par la suite, j'ai toujours guetté la sortie de nouvelles adaptations. Lorsque j'ai entendu parlé de The Hollow Crown pour la première fois, j'ai limite sautillé partout. Pour être honnête, je pense que j'ai sautillé et j'ai cherché avec l'énergie du désespoir à mettre la main dessus. Le choix des pièces, le casting, tout semblait formidablement démesuré et ambitieux.


Pour qui n'est pas habitué à Shakespeare, le phrasé peut être déroutant. Surtout que Richard aime tourner autour du pot. L'Homme était un peu paumé. "Il a dit quoi?" "Il a dit qu'il était le roi, qu'il faisait ce qu'il voulait et qu'il en avait rien à f***** de leur honneur. Ah et il les bannit aussi, because he can". Voilà, Shakespeare version moi ! 
Au bout d'une petite demi-heure, il était dans le bain et j'ai pu regarder sans faire traducteur simultané. Il faut dire que la diction était parfaite et les lignes parfaitement intelligibles.
 
J'ai aimé la réalisation froide et épurée car elle met en lumière le jeu des acteurs. Tous les acteurs sont excellents, en particulier Ben Whishaw et Rory Kinnear. 
 
Ben Whishaw est tout bonnement magistral. Il est un roi qui joue au roi, fragile, martyr proclamé mais pourtant attaché à ce pouvoir qui ne tient plus que par un fil. Sa voix, ses gestes... Ben Whishaw disparait totalement en Richard.
 
Ben Whishaw (Richard) et Rory Kinnear (Bollingbroke)

Rory Kinnear est tout aussi parfait dans le rôle de Bollingbroke. Son évolution de cousin dévoué à conspirateur se joue sur un regard. Sa force brute, l'intensité qui émane de tous ses gestes, s'opposent à la fragilité de Richard. La rencontre entre ces deux acteurs atteint son apogée dans une scène d'anthologie alors que RIchard doit abdiquer devant les Lords. C'était tout simplement brillant voire totalement jubilatoire. 
 
J'ai adoré entendre mon Homme s'exclamer dans un éclat de rire : "Mais quel petit con !" en parlant de l'attitude de Richard. Il était bien totalement pris par l'intrigue et les personnages. 
 
La fin de la pièce est moins spectaculaire, plus introspective, abordant à la fois les nouvelles responsabilités de Bollingbroke et les souffrances de Richard. La chute et l'ascension. Pour autant, on reste accroché devant son écran par l'intensité émotionnelle dégagée par ces deux acteurs. 

Il y avait longtemps que je n'avais pas vu une adaptation de Shakespeare aussi vivante et intense. C'était jubilatoire.Merci la BBC !

3 commentaires:

  1. Moi, j'adore le principe, mais sans sous-titres en français, c'est vache ^^

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  2. Ceci dit, la BBC est géniale aussi pour les docu-fictions où les personnages parlent latin :)
    Et c'est vrai que la grande majorité de leurs productions sont géniales !

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    Réponses
    1. Ne sois pas si franco-centrée ;)
      Je pense que le début sera peut-être rude, mais tu arriveras à suivre :)
      Et il es vrai que la BBC sait se donner les moyens de faire de belles choses.

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