mardi 15 janvier 2013

Le syndrôme du cerveau qui fuit

C'est une maladie qui m'a frappé récemment et de façon tout à fait inattendue.


Après avoir digéré ma thèse, envoyé quelques articles par-ci par-là, j'ai été prise dans la frénésie de Noël. Il faut dire que je travaille dans une boutique qui brasse beaucoup de monde. Les premières semaines, c'était vraiment boulot-dodo et j'ai commencé à ne plus savoir comment je m'appelais.

J'aurai pu le vivre bien, mais j'ai commencé à paniquer. A véritablement paniquer. Je me suis vue en état de déliquescence, mon cerveau partant par les oreilles, incapable de mener une réflexion cohérente. Et si j'oubliais comment écrire, comment analyser un texte ? Et si je devenais une autre alors que ma volonté d'apprendre, de m'enrichir partait en lambeaux ?
 
J'ai également réalisé le nombre d'ouvrages de recherche que je n'avais pas lu, limitant mes réflexions. Comment me présenter devant des étudiants si, entre ma soutenance de thèse et le début effectif de mon hypothétique carrière universitaire, je me laissais glisser sur la pente douce de la non-stimuation intellectuelle ?
 
 

Cela peut sembler particulièrement vain comme préoccupation mais cela rentrait tellement en conflit avec ce que j'ai envie d'être et la vie que je me suis choisie que j'étais terrifiée. J'ai même pensé arrêter de travailler pour m'enfermer et lire.

Quelques semaines plus tard, j'ai réussi à trouver un équilibre. J'ai réduit mon volume horaire. Cinq heures, c'est pas grand chose, mais cela me permet d'avoir des matinées durant lesquelles j'ai du temps pour moi : je lis, parcours les appels à communication... je me suis aussi investie dans un projet qui me plait. Enfin, je me suis achetée un agenda dans lequel je note chaque jour ce que j'ai fait. Je vois qu'il se passe des choses, que je suis active et cela me rassure.

Passer de ma thèse à un job "alimentaire" n'a pas été aussi aisé que ce que je pensais. Je l'avais déjà fait, pourtant, lorsque je bossais pour payer mes études, mais après sept ans d'enseignement, sept ans où je me sentais à ma place... il m'a fallu lâcher prise brutalement. Ce nouvel aménagement de mon temps devrait me permettre de me retrouver un peu.

2 commentaires:

  1. J'ai connu ça plusieurs fois depuis que j'ai quitté la fac : les cours de collège ne sont pas toujours très stimulant à préparer...
    Le fait de ne lire que de la fantasy à un moment donné et donc de tourner un peu en boucle dans des univers très - trop ? - proches avait aussi participé à mon impression de perdre mes neurones.
    De l'intérêt :
    1. D'un site comme Elbakin pour ne lire que le meilleur
    2. De se remettre à lire autre chose, y compris des ouvrages universitaires, pour le plaisir :)
    Ca revient, ne t'inquiète pas ^^

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  2. 1. Choisir le meilleur ou délibérément choisir un truc pour se détendre (Bit Lit, si tu me regardes ^^)
    2. Pour le moment, les ouvrages universitaires me regardent... faut que je me lance :)

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