mardi 18 novembre 2014

Sur le tas

J'essaie de ne pas trop vous assaillir de billets liés à mon entrée dans l'Education Nationale. J'espère y réussir. Mais ce blog m'aide aussi à mettre mes idées en place et à partager mes réflexions. 

Je passe des heures par semaine, à l'ESPE, à entendre des profs nous dire que justement, prof, c'est un métier que l'on apprend sur le tas et qu'il n'y a pas de formule magique. Ok, je veux bien reconnaître que chaque prof vit son métier différemment, en fonction de ses propres sensibilités, et que la matière de nos cours nait de qui nous sommes et de ce que nous voulons transmettre. Je veux bien aussi reconnaître quelques mérites à la démarche de l'ESPE, qui souhaite nous faire réfléchir à notre positionnement en tant qu'enseignant, que nous soyons conscients de notre propre démarche pédagogique. Pour autant, c'est aussi nous laisser démunis.

Lorsque l'on te dit plusieurs fois qu'il faut que tu repenses ta mise en œuvre - la façon dont tu amènes, par exemple, les élèves à aborder un document - sans te donner ne serait-ce qu'un bout d'idée? Tu fais quoi ? Eh bien, tu rames. Tu testes. Et là, ensuite, on te fait remarquer que tu ne progresses pas et que tu fais les mêmes erreurs. Alors tu rames toujours plus loin, à la recherche de la solution miracle qui t'échappe encore.

Et puis un matin, tu en as marre. Tu as en face de toi tes deux tutrices, et tu entends à nouveau qu'il va te falloir repenser ta mise en œuvre. Et là.... 


Tu leur dis gentiment - mais fermement - que tu en as marre que l'on te laisse ramer. Qu'une fois pour toute, au lieu de t'inviter à une introspection salutaire,il serait temps que l'on t'offre des réponses, un truc par A + B, qui ne serait ni magique ni universel, mais qui t'aidera à mettre un pied devant l'autre et à progresser sur cette fameuse mise en œuvre. 

J'ai été écoutée et j'ai pu avoir un débriefing de plus d'une heure sur comment mettre en place quelque chose de concret, à partir d'un document donné.

A la question : "sauras-tu le refaire?". Oui. Parce que tout ce dont j'avais besoin c'était d'un guidage, ce même mot magique que l'on me ressort à toutes les sauces car je dois l'offrir à mes élèves. J'y ai droit aussi.


3 commentaires:

  1. Tut tut tut, démarche empirique, on a dit. Comme tes élèves dont tu dois tirer la science infuse qui imprègne leurs cerveaux et surtout pas leur donner des connaissances de façon magistrale, parce que ce n'est pas bien...
    Je vois qu'il reste hélas des points communs entre l'IUFM et l'EPSE. *soupir*
    Ça serait tellement dommage de faire que l'entrée dans le métier ne soit pas aussi douloureuse...

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    1. Et à côté de ça, le prof d'Espagnol a partagé dix fois plus en une heure avec ses deux stagiaires (M1 en observation) que ma tutrice, sur les bases.

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  2. Ahah!
    Cet article me fait bien rire! Je revis mon calvaire des deux années précédentes qui, OUF, sont enfin passées.
    Il faut être lucide, on ne t'apprend pas grand chose à l'ESPE. C'est juste un bon moyen de faire une "sélection" c'est tout. J'ai beaucoup plus appris depuis le début de l'année scolaire qu'en deux ans de master.. Hélas.

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