dimanche 12 mai 2013

Manga : Les mystères de Taisho

Quand il s'agit de lire des mangas, je suis du genre à avoir des coups de cœur prudents. Quand je suis attirée par une couverture, je feuillette, j'en parle avec l'Homme qui a une connaissance encyclopédique du sujet etc. Je ne me lance que rarement tête baissée dans une série (a fortiori longue).



Les mystères de Taisho font partie de ces exceptions. J'ai vu la couverture et j'ai su que je voulais le lire. Ce que je ne savais pas, alors, c'est qu'il s'agit d'une série en quatre tomes et qu'ils sont tous disponibles. 

Voici le blurb de MangaNews : Dans le Tôkyô des années 20, Haruka MATSUNOMIYA, détective privé à l’allure insouciante, limite je-m’en-foutiste, décide un jour d’engager une jeune assistante, Maya TAKAZONO. Cette jeune fille, qui, malgré une intelligence et une mémoire hors normes, est incapable d’exprimer le moindre sentiment, apportera une aide précieuse à Matsunomiya. Tous deux auront à résoudre une série d’enquêtes, naviguant entre problèmes de société et phénomènes étranges.

Les thèmes me parlaient : années 20, mystères et policier... et je dois dire que toute la série est très finement écrite. C'est intelligent et subtile, tant dans la description des codes sociaux, et de la vie à l'ère Taisho que dans la construction de la psyché des personnages. J'ai appris beaucoup de choses, notamment grâce aux notes insérées en fin de volume.

L'ère Taisho 大正時代, Taishō jidai, « période de grande justice »)couvre la période allant du 30 juillet 1912 au 25 décembre 1926. Elle coïncide avec le règne de l'empereur du même nom.  La faible santé de l'empereur a pour conséquence le déplacement du pouvoir politique du vieux groupe oligarchique composé de politiciens âgés (ou genro) vers la Diète (le Parlement) du Japon et les partis démocratiques. Cette époque est ainsi considérée comme la période du mouvement libéral connu sous le nom « démocratie Taishō » au Japon. Il est habituel de la distinguer de la chaotique ère Meijiprécédente et de la première partie militariste de l'ère Showa qui lui succède (adapté de Wikipédia).



L’histoire se construit en une suite de courts chapitres, autour des enquêtes que la police confie à Matsunomiya. On peut regretter que certains personnages apparaissent avec une constance prévisible mais l'univers des mystères de Taisho est volontairement restreint à quelques personnages clefs. Au final, cela ne m'a pas dérangé le moins du monde, sûrement car l'intérêt du manga ne réside pas dans la complexité - ou non - de son intrigue.

Le style des dessins est réaliste, avec un côté assez suranné que j'ai beaucoup aimé et qui collait parfaitement bien à l'ambiance et à l'atmosphère mystérieuses du manga. Au cœur de chaque volume, il y a aussi des illustrations en couleur qui sont de toute beauté. Enfin, dans Les mystères de Taisho, il est très souvent question d'art japonais et les dessins de Kakemono (j'aime l'idée de dessin dans le dessin) sont aussi très réussis.

Les mystères de Taisho est une série que ne je peux que recommander. C'est un petit bijou, une bulle temporelle que je suis ravie d'avoir visité.


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